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L'accaparement des terres : la course aux terres aggrave la faim dans le monde (1 / 2010)
En achetant en masse d'énormes surfaces agricoles, des entreprises internationales et autres investisseurs menacent les moyens de subsistance des populations du Sud.

Global land grabbing: issues and solutions
Une étude écrite pour Pain pour le prochain par Anh-Nga Tran-Nguyen donne une vue d'ensemble du débat actuel et présente des solutions possibles internationales. étude »

Documentation

Accaparement des terres: le sol, objet de convoitise

Accaparement des terres

Un phénomène récent menace les populations des pays du Sud: gouvernements, entreprises mondiales et investisseurs privés achètent à tour de bras des étendues de terres cultivées. L'«accaparement des terres» (en anglais, land grabbing) accentue la faim dans le monde et encourage l'agriculture industrielle. Avec de graves conséquences sociales et écologiques.

En Éthiopie, trois millions d'hectares de terre ont été déclassés pour être loués à des investisseurs étrangers, alors que plus de 6,2 millions de femmes et d'hommes y souffrent de la faim. La même chose s'est produite au Soudan, en Zambie, au Mozambique, à Madagascar, au Laos, au Cambodge et dans beaucoup d'autres États dans lesquels la malnutrition a atteint un niveau inquiétant.

Le bradage des terres dans les pays du Sud a pris des proportions impressionnantes: la Banque mondiale chiffre ainsi la quantité de terres arables négociées ou déjà vendues et affermées à quelque 50 millions d'hectares. L'organisation non gouvernementale GRAIN estime que la surface totale est bien plus importante en réalité.

La terre, objet de spéculation                                                       

Le récent essor de la demande de terres cultivables a différentes origines: l'explosion du prix des denrées en 2008, la crise financière, la pénurie alimentaire découlant du changement climatique ainsi que l'augmentation des besoins en agrocarburants ont transformé les terrains agricoles en objets d'investissement et de spéculation intéressants.

Dans de nombreux cas, l'accaparement des terres a lieu dans un cadre légal, généralement au moyen de contrats entre investisseurs et gouvernements. Mais ses conséquences sont souvent graves: les paysans indigènes sont chassés, perdent leur domaine et leur source d'alimentation et d'approvisionnement de la région. Pour accroître le rendement, les nouveaux propriétaires misent sur l'agriculture industrielle et utilisent de manière intensive pesticides, fertilisants et semences génétiquement modifiées.

Malgré des conséquences sociales et écologiques catastrophiques, beaucoup de gouvernements des pays concernés acceptent volontiers ce genre de transactions, par avidité ou par fausse idée du développement. Des lois obscures leur permettent de conclure facilement leurs affaires, sans discussion avec les personnes touchées.

Des acteurs internationaux comme la Banque mondiale considèrent l'accaparement des terres comme une situation «gagnant-gagnant» et n'ont aucun intérêt à voir apparaître des réglementations.

Les actions de Pain pour le prochain

Pain pour le prochain s'engage contre cette nouvelle forme de colonialisme au sein d'un réseau international:

  • Pain pour le prochain a soutenu l'un des premiers grands séminaires d'expert-e-s autour de la question de l'accaparement des terres à Genève en mai 2009.
  • Pain pour le prochain encourage des projets qui soutiennent les personnes concernées dans leur engagement contre l'accaparement des terres et pour une meilleure protection de leurs droits.
  • Pain pour le prochain soutient le travail de l'organisation GRAIN, la première à s'être opposée à l'accaparement des terres et à en avoir inventorié les cas: www.grain.org / www.farmlandgrab.org
  • Pain pour le prochain effectue un travail de relations publiques ainsi que de sensibilisation de la politique, de l'économie et de la société.

  • L'organisation s'engage sur le plan politique, en participant par exemple à des conférences internationales et en dialoguant avec les gouvernements, notamment au sujet d'une responsabilité d'entreprise légalement contraignante.